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Retours sur l’atelier FuturEs Scientifiques des 40 ans de la Cité des Sciences

Pourquoi le futur des femmes scientifiques se joue bien avant le premier cours de maths ?

Lu en

5 minutes

Fonctionnement de l’atelier 

Nous étions deux animatrices fassent à un public de 6 à 10 personnes. Derrière nous un mur aimanté permettait de présenter la fresque de vie de notre personnage “Martine” à travers 5 décennies.

Crédits photos : V. Colin et E. Laurent

A chaque décennie, nous interrogions le public sur des idées ou des préjugés qu’ils pouvaient avoir sur la situation d’une femme scientifique relativement à l’âge associé. Par exemple : “qu’est ce qui montre qu’une femme a réussi sa carrière selon vous ? Qu’est ce qui freine le plus une femme qui entre dans la vie active ? Comment peut-on faciliter et soutenir la maternité ?”

Nous notions les idées des participants sur des ardoises blanches aimantées sur le mur et nous faisions ensuite passer les cadres photos de la décennie en demandant aux personnes de décrire ce qu’ils voient, qu’est-ce que cela leur inspire ?

Nous pouvions ainsi adapter les questions et le niveau de langage à l’âge des participants et rebondir sur leurs questions et idées en puisant dans nos études sur les freins et les solutions possibles pour développer la parité dans le monde scientifique.

Un atelier intergénérationnel, ouvert et vivant

Crédits photos : V. Colin et E. Laurent

L’une des grandes forces de cette animation a été la diversité des échanges. L’atelier a suscité l’intérêt de publics très différents : enfants, adolescents, parents, grandparents, parents, parents, grands-parents, femmes, hommes, visiteurs déjà sensibilisés au sujet ou simplement curieux de comprendre ce que le futur pouvait avoir à voir avec l’égalité. 

Les enfants entraient souvent dans l’atelier par l’histoire et les images grâce aux cadres photos que nous avions construites. Ils réagissaient aux scènes de vie, aux métiers, aux objets, aux situations concrètes. Ils décrivent les images et répondent lorsqu’on les interroge sur des sujets simples : “Est-ce que les filles sont moins bonnes math que les garçons ? Est-ce que tu connais des femmes scientifiques célèbres ? Est-ce que tu aimes faire des expériences ? …” . Ces questions directes ont souvent permis d’ouvrir les discussions les plus puissantes. 

Les adultes, eux, faisaient le lien avec leurs propres experiences : orientation scolaire, remarques entendues dans l’enfance, modèles absents, milieux professionnels encore inégalitaires, parentalitéparfois pénalisante, difficultés à se projeter ou à encourager les filles vers certaines filières. Beaucoup ont reconnu des mécanismes ordinaires, parfois invisibles, qui influencent très tôt les choix de parcours. 

Ce qui nous a marqué, c’est que les échanges n’opposaient pas les publics. Les hommes comme les femmes se sont saisis du sujet, non pas uniquement sous l’angle du constat, mais sous celui de la responsabilité collective. Parents, enseignants, managers, collègues, institutions, médias, musées, entreprises : chacun pouvait identifier un rôle à jouer.

Crédits photos : V. Colin et E. Laurent

Ce que nous avons appris 

1 – la fiction facilite la discussion sur des sujets sensibles.  

Parler d’inégalités, de stéréotypes ou de sexisme peut rapidement devenir abstrait ou culpabilisant. En passant par un récit situé dans le futur, les participants pouvaient prendre de la distance, formulerdes idées, tester des hypothèses et revenir ensuite au présent avec plus de liberté. 

2 – les représentations comptent autant que les dispositifs.  

Les échanges ont confirmé l’importance des modèles féminins visibles, des récits inspirants, des exemples accessibles dès l’enfance. Pour qu’une jeune fille se projette dans une carrière scientifique, il ne suffit pas de lui dire que “tout est possible”. Il faut qu’elle voie, autour d’elle, des femmes qui cherchent, inventent, dirigent, transmettent et réussissent. 

3 – les freins ne se situent jamais à un seul endroit.  

Ils apparaissent dès l’enfance, dans les jouets, les phrases banales, les attentes familiales, l’école, les choix d’orientation, puis se prolongent dans les études, les stages, les premières expériencesprofessionnelles, les carrières, la maternité, la reconnaissance scientifique et l’accès aux postes de pouvoir. Penser le futur des femmes scientifiques demande donc une approche systémique. 

Enfin, nous avons appris que le public a envie d’agir lorsque les solutions deviennent concrètes. Les participants ne se sont pas arrêtés au diagnostic. Ils ont proposé des idées : davantage de femmes scientifiques dans les programmes scolaires, des forums métiers moins genrés, des clubs de sciences ouverts et valorisés, du mentorat, des politiques RH plus adaptées, une meilleure prise encompte de la parentalité, des environnements de travail plus inclusifs, des musées qui donnent plus de place aux rôles modèles féminins.

Crédits photos : V. Colin et E. Laurent

Un atelier à diffuser dans d’autres contextes  

Nous sommes convaincus que l’atelier peut très bien s’adapter dans d’autres contextes et à différents publics. Nos premières recommandations sont de le faire vivre en entreprise pour des sensibilisations ou auprès de professeurs et enseignants pour les former sur l’importance de ce sujet dans le cadre de l’éducation et l’orientation des élèves.  

L’atelier est accessible dès le lycée en l’état.  

Cet atelier peut aussi être joué auprès d’enfants plus jeunes en étant adapté. 

Nous pensons qu’à partir du CP il peut être animé par un.e enseignant.e ou un animateur extérieur si la conversation se concentre sur la partie des 6 ans de notre personnage principal. Nous recommandons de ne jouer que cette partie pour interroger les enfants et ouvrir déjà un premier débat sur la différence des genres sur les maths et les modèles scientifiques. Les questions peuvent être simples “Qui aime les maths ? Est-ce qu’il y a plus de garçons que de fille ? Est-ce que faire des maths c’est être plus intelligent ? Est-ce que les garçons et les filles ont le même cerveau ? Est-ce que vous faites des expériences ? Est-ce que vous connaissez des personnes célèbres qui sont scientifiques ? Est-ce que vous connaissez des femmes scientifiques …” 

Et puis d’ouvrir en rassurant les enfants sur l’égalité des genres, la capacité de chacun à réussir, en présentant des modèles féminins et en évoquant les préjugés à ne pas avoir.  

Il peut être adapté pour le collège, avec les mêmes questions et simplement en ajoutant aussi la décennie où le personnage principal est au lycée, car les collégiens peuvent se projeter.


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