Et si, pour transformer l’industrie, on arrêtait les slides et on commençait à raconter des histoires ? Pas des contes pour s’endormir. Des récits qui réveillent. Qui donnent envie de se mettre en mouvement, ensemble, vers une industrie durable qui ne soit ni punitive ni hors sol.
C’est exactement ce que propose ce livre en s’appuyant sur le design fiction en entreprise. Plutôt que d’empiler des rapports, il déroule des futurs possibles. On y entre comme dans une série : on suit des personnages, des tensions, des choix difficiles. Et peu à peu, les enjeux de la transition ne sont plus des concepts. Ce sont des scènes, des dialogues, des arbitrages concrets.

Le décor principal, c’est MétalloNova. À l’origine, un fleuron métallurgique classique, structuré pour produire beaucoup, vite, sans trop regarder ce qui se passe autour. Le récit raconte comment cette entreprise bascule vers une coopérative circulaire et sobre. Pas en un claquement de doigts. Par vagues de doutes, de conflits, de paris collectifs. C’est cette rugosité qui rend l’histoire crédible et utile pour les directions générales, les responsables d’usine, les équipes métiers.
Ce n’est pas qu’un roman industriel. En arrière-plan, l’ouvrage s’appuie sur Edith Penrose et sa vision de l’entreprise comme un ensemble vivant de ressources. Dans ce cadre, la transition écologique n’est plus une pression réglementaire de plus. C’est une occasion de réinventer ce que l’on sait faire, avec qui, et pour quoi. On retrouve ce basculement aujourd’hui dans des groupes qui transforment leurs bureaux d’études en laboratoires de réemploi, ou dans ces PME qui créent des filières de reconditionnement avec leurs propres clients.
Pour que tout cela reste humain, le livre nous fait marcher aux côtés de Chloé. Son trajet, du désenchantement dans un grand groupe à un leadership engagé chez MétalloNova, met des visages sur des mots comme « transition », « gouvernance », « impact ». On suit ses doutes, ses renoncements, la façon dont elle apprend à partager le pouvoir plutôt que de simplement « piloter ».
Cette redistribution du pouvoir se joue avec la gouvernance coopérative. Là, la valeur n’est plus captée seulement par quelques actionnaires, mais partagée entre parties prenantes. Chaque voix compte, et les enjeux environnementaux cessent d’être externalités pour devenir des critères de décision au même titre que le cash-flow. Des modèles voisins émergent déjà, par exemple dans certaines coopératives énergétiques citoyennes ou dans les entreprises à mission où les salariés participent à la boussole stratégique.
L’ouvrage vient aussi recadrer l’industrie dans les limites planétaires, en s’appuyant sur l’économie du Donut. L’objectif n’est plus de « croître pour croître », mais de répondre aux besoins humains sans casser la maison commune. Concrètement, cela pousse MétalloNova à s’intéresser aux mines urbaines – ces gisements de métaux et matériaux cachés dans nos déchets, nos bâtiments, nos objets obsolètes. De quoi imaginer une industrie qui se nourrit de ce qui existe déjà, plutôt que d’ouvrir une mine de plus.
Le numérique n’est pas oublié. On y voit un prestataire basculer vers des IA frugales et des solutions low-tech. Pas de promesse de miracle, mais une conviction : des services sobres, bien pensés, peuvent devenir un modèle d’affaires rentable. On l’observe déjà avec l’éco-conception logicielle, les plateformes mutualisées ou les services qui valorisent la donnée plutôt que l’accumulation d’équipements.
Co-écrit par Nadine Levratto, Directrice de Recherche au CNRS, et moi-même, ce livre joue un rôle de passerelle. Il fait descendre la science de l’estrade, la met en récit, la rend partageable en codir, en atelier de terrain, en formation d’équipes. Et il ne s’arrête pas à la fiction. Des fiches thématiques détaillées invitent à tester, sur le terrain, des morceaux de MétalloNova : nouvelle gouvernance, boucle de recyclage, dispositif de sobriété numérique, démarche de design fiction appliquée à son propre site industriel.
Au fond, ce livre pose une question simple : de quels récits avons-nous besoin pour que la transition ne reste pas un projet PowerPoint de plus, mais devienne une aventure collective crédible pour vos équipes ?
Chez Suricats, on voit chaque jour combien ces récits-outils peuvent débloquer des dialogues et ouvrir des chemins d’action très concrets. Si vous avez envie d’explorer comment le design fiction pourrait aider votre organisation à se projeter vers une industrie plus durable, parlons-en.
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